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	<title>Pensons le matin</title>
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	<description>Espace de réflexion et de débat citoyen sur le lien entre culture, gentrification et les multiples formes de ségrégation urbaine</description>
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		<title>Marseille et Hambourg, villes jumelles ?</title>
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		<pubDate>Wed, 01 May 2013 15:06:12 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le fait que Hambourg soit jumelée avec Marseille ne signifie pas forcément que ces deux villes se ressemblent. Leur situation géopolitique et leur économie sont très différentes. Mais la comparaison des stratégies d’aménagement de ces deux territoires est riche d’enseignement. Hambourg et Marseille fêtent, en 2013, le cinquante-cinquième anniversaire de leur jumelage. Les deux métropoles ont chacune engagé un « grand projet urbain et culturel » : Euroméditerranée pour Marseille ; Hafencity pour Hambourg. De plus, la deuxième plus grande ville d’Allemagne est aussi l’enjeu de l’IBA (Internationale Bauausstellung/ Exposition internationale d&#8217;urbanisme), un atelier d’urbanisme qui entend proposer un programme de développement innovant pour le quartier populaire de Wilhelmsburg, situé sur l’île d’Elbe. Une exposition présentant Hafencity et l’IBA a été accueillie, durant tout le mois de mars, aux Docks de la Joliette, à Marseille. Pensons le Matin a posé un regard critique sur ces différents projets et s’est interrogé sur les enjeux sociaux, économiques et politiques de ces « reconstructions » urbaines ? Hambourg est la deuxième ville d’Allemagne et le plus grand port du pays. La commune s’étend sur 755 km2 (Marseille intramuros compte 240 km2) et compte 1,8 million d&#8217;habitants (850 000 habitants pour Marseille). La différence entre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le fait que Hambourg soit jumelée avec Marseille ne signifie pas forcément que ces deux villes se ressemblent. Leur situation géopolitique et leur économie sont très différentes. Mais la comparaison des stratégies d’aménagement de ces deux territoires est riche d’enseignement.<span id="more-685"></span><br />
Hambourg et Marseille fêtent, en 2013, le cinquante-cinquième anniversaire de leur jumelage. Les deux métropoles ont chacune engagé un « grand projet urbain et culturel » : <a title="Euroméditerranée" href="http://www.euromediterranee.fr/" target="_blank">Euroméditerranée</a> pour Marseille ; <a title="Hafencity" href="http://www.hafencity.com/" target="_blank">Hafencity</a> pour Hambourg. De plus, la deuxième plus grande ville d’Allemagne est aussi l’enjeu de l’<a title="IBA" href="http://www.iba-hamburg.de/" target="_blank">IBA </a>(Internationale Bauausstellung/ Exposition internationale d&#8217;urbanisme), un atelier d’urbanisme qui entend proposer un programme de développement innovant pour le quartier populaire de Wilhelmsburg, situé sur l’île d’Elbe. Une exposition présentant Hafencity et l’IBA a été accueillie, durant tout le mois de mars, aux Docks de la Joliette, à Marseille. Pensons le Matin a posé un regard critique sur ces différents projets et s’est interrogé sur les enjeux sociaux, économiques et politiques de ces « reconstructions » urbaines ?</p>
<p>Hambourg est la deuxième ville d’Allemagne et le plus grand port du pays. La commune s’étend sur 755 km2 (Marseille intramuros compte 240 km2) et compte 1,8 million d&#8217;habitants (850 000 habitants pour Marseille). La différence entre les deux villes est encore plus marquée à l’échelle de l’agglomération : 3,5 millions d’habitants pour Hambourg ; 1 million d’habitants pour l’aire urbaine de Marseille-Aix-en-Provence. Hambourg est également une ville avec un important taux de présence étrangère (dont une forte majorité de Turcs). Le solde migratoire reste légèrement positif (+ 12 000 habitants en 2010).<br />
C’est en termes économiques que les deux territoires sont les plus dissemblables. Les deux villes ont été confrontées à une grave crise industrielle, mais Hambourg est désormais considérée comme une grande métropole, ce qui n’est pas encore le cas de Marseille. Avec un revenu net de 25 000 Euros par personne et par année, Hambourg est en tête des villes allemandes. A Marseille, ce même revenu annuel est inférieur d’un tiers. Et Patrick Lacoste de préciser : « <em>Il faut également intégrer le fait qu’à Marseille l’écart est très important, de 1 à 15, entre les revenus des plus riches et ceux des plus pauvres</em> ». A noter également que le taux de chômage à Hambourg est actuellement de 7,8%<sup><a href="http://www.pensonslematin.org/2013/05/01/marseille-et-hambourg-villes-jumelles/#footnote_0_685" id="identifier_0_685" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mais, cet indicateur doit &ecirc;tre pond&eacute;r&eacute; car, en Allemagne, il n&rsquo;y a pas de salaire minimum, si bien que le nombre de salari&eacute;s pauvres est cons&eacute;quent. Ainsi, comme le pr&eacute;cise le sociologue Christophe Apprill, les salaires dans la restauration sont de l&rsquo;ordre de 400 Euros par mois">1</a></sup>.</p>
<p>Ben Kerste, doctorant en sociologie, analyse la transformation économique et politique de Hambourg. « <em>Dans le but de redresser la situation économique de la ville, Klaus von Dohnanyi, maire de Hambourg entre 1981 à 1988, a lancé le concept de la « ville entreprise</em> ». <em>Toutes les énergies, publiques et privées, devaient s’inscrire dans cette stratégie.  Alors que la richesse de Hambourg était liée à l’industrie, Klaus von Dohnanyi, lui, considérait l’humain comme étant désormais la principale ressource économique. Il s’est inscrit dans une politique consistant à attirer les « têtes créatives » et les investisseurs. La ville devait devenir une marque favorisant son attractivité</em> ». Vingt ans plus tard, le concept de « ville croissante » s’inscrit dans la continuation de cette vision. « <em>Elle se traduit par une politique toujours plus fondée sur l’innovation et sur l’événementiel, que celui-ci soit sportif, culturel ou scientifique&#8230;</em> ».<br />
Cette stratégie a eu pour conséquence une augmentation significative de la population. Ben Kerste affirme que chaque habitant d’Hambourg verse environ 3 000 Euros, d’impôts, de charges et de taxes. En retour, la ville redistribue 2310 € à ses administrés (services publics et assimilés). « <em>Donc le différentiel de 690 € par habitant est positif. On imagine aisément que la municipalité a tout intérêt à attirer des habitants le plus solvable possible</em> ». Et l’opération urbaine Hafencity s’inscrit totalement dans cette vision.</p>
<p><strong>Hafencity, la ville au bord de l’eau</strong><br />
Annette Wilms est architecte. Elle a notamment développé des projets urbains dans le Nord de Hambourg. Elle connaît particulièrement bien le projet Hafencity.<br />
« <em>L’eau était, par le passé, liée à l’industrie et aux échanges commerciaux. Mais la municipalité a découvert que c’était aussi un excellent argument de vente. Ce thème est exploité pour favoriser la ville créative, attirer des entrepreneurs et développer le secteur tertiaire</em> ». Ainsi, le déplacement du Port a libéré des espaces de qualité. « <em>157 hectares, soit 40 % de la superficie de Hambourg intramuros ont été ainsi investis par le projet Hafencity. Ce périmètre est proche du centre-ville historique. Il représente donc une belle opportunité foncière. De plus, les terrains étant la propriété du Port, ils ont été cédés à des prix largement subventionnés. Des concours d’architecture ont été lancés, car des réalisations signées par des noms internationalement connus représentent aussi un argument de vente. De son côté, la culture apparaît souvent comme un moteur d’attractivité et un produit d’appel pour les investisseurs</em> ». Annette Wilms pense en particulier au chantier de la philharmonie de l’Elbe, destinée à devenir l’équivalent européen de l’opéra de Sydney. Cette opération est un véritable gouffre financier. « <em>Le bâtiment devait initialement couter 77 M€, explique, à son tour, Joachim Rothacker. A ce jour, l’augmentation avoisine les 746 %, et le coût de l’ouvrage devrait atteindre les 575 M€. Les architectes ont actuellement des honoraires de 90 M€. Et le chantier qui, initialement, devait être achevé en 2010, n’est toujours pas terminé. Actuellement, sa fin est projetée pour 2017</em> ».</p>
<p>En regard de cette architecture monumentale, 6 000 logements seulement ont été construits et les prix de vente ou de location sont très élevés. Pourtant, il manquerait entre 30 000 et 70 000 logements à Hambourg. « <em>Mais, plutôt que de proposer du logement accessible, l’aménageur a préféré construire énormément de bureaux qui ne trouvent pas preneurs</em> », poursuit Joachim Rothacker.<br />
De toute évidence, la population ne s’approprie pas cet espace. « <em>Ce quartier doit encore prouver son utilité », estime Annette Wilms. Mais, elle se refuse à émettre des critiques trop virulentes « qui pourraient avoir pour conséquence de définitivement tuer ce quartier</em> ».</p>
<p>Hafencity comporte également une forte dimension environnementale, avec toute une réflexion sur les énergies, les modes de déplacement doux, la connexion de ce quartier au reste de la ville. Comme le souligne Christophe Apprill, sur ce point, Euroméditerranée souffre de la comparaison. L’architecte Tillman Reichert insiste cependant sur le fait qu’Euroméditerranée II a intégré cette dimension environnementale. Et, en effet, l’opération a été labellisée « Eco-Cité » par l’Etat. On peut d’ailleurs lire sur le site de l’établissement public le message suivant : « <em>En cours d’élaboration avec l’appui d’un large réseau de partenaires, la Charte de l’aménagement et du développement durable d’Euroméditerranée va donc influencer tous les aménagements sur le périmètre&#8230;</em> ». Mais qu’il soit simplement un affichage ou qu’il soit véritablement mis en œuvre, ce souci environnemental reste déconnecté de la question de l’accès au logement pour tous. L’habitat gagne certes en qualité, mais ce mieux vivre concerne une population restreinte. Trop souvent, le développement durable appelle un niveau de revenu important, il participe donc à l’augmentation de la ségrégation sociale.</p>
<p><strong>Une IBA cosmopolite</strong><br />
Les problématiques sociales, très peu présentes dans l’opération Hafencity, sont par contre beaucoup plus centrales dans l’IBA. Hafencity a investi un territoire relativement inhabité. A l’inverse, l’IBA (Internationale Bauausstellung/ Exposition internationale d&#8217;urbanisme) se déroule dans un quartier très populaire et même stigmatisé. Mais qu’est-ce que l’IBA ? Cette initiative, typiquement allemande, permet de développer des projets de développement innovant à l’échelle d’un territoire. Un label est ainsi décerné à une ville qui investit dans le concours d’urbanisme plusieurs centaines de millions d’Euros. L’IBA de Hambourg concerne le quartier populaire de Wilhelmsburg, sur l’île d’Elbe. Cette démarche porte sur un vaste territoire (55 km2). Entre 2006 et 2013, ont ainsi été initiés une multitude de projets et d&#8217;évènements culturels pour célébrer « l’union de l&#8217;art, de la culture, de l&#8217;économie créative et de l&#8217;urbanisme ». « <em>L’IBA est un laboratoire à durée limitée qui doit développer des projets innovants avec un enjeu participatif</em>, précise encore Joachim Rothacker. <em>Un tiers de la population de Wilhelmsburg est d’origine étrangère. Cette dimension cosmopolite était l’un des thèmes de l’IBA. Le principe étant de considérer que la présence de populations d’origine très différente est une chance. Quant à l’enjeu d’intégration, il passe par le développement de projets de formation et par des initiatives culturelles. L’IBA a notamment proposé un nouveau type d’école qui enseigne les langues des populations présentes sur le territoire</em> ». L’atelier s’engage également à créer des quartiers urbains de haute qualité. Joachim Rothacker détaille cette approche environnementale : «<em> La réflexion porte sur l’utilisation la plus rationnelle possible des énergies. Les territoires doivent communiquer entre eux, les espaces vides être optimisés et l’architecture existante est, autant que faire ce peut, valorisée. L’organisation vise à être polycentrique</em> ».</p>
<p>Ben Kerste est, lui, très critique sur le processus de concertation mis en place par l’IBA. « <em>Ils ont envoyé des étudiants pour questionner les habitants. Mais les gens ne pouvaient pas prendre de décisions. D’ailleurs, une partie de la population s’est mobilisée contre le projet</em> ». A l’inverse, Joachim Rothacker estime que la démarche fut réellement participative. « <em>Les projets n’ont pas été imposés, mais soumis à débat. Les initiateurs de l’IBA ont compris qu’il est dangereux de se heurter à la volonté des gens. Ils ont tiré les leçons du pass</em>é ». En effet, Hambourg a connu par le passé des conflits sociaux très violents. « <em>Les dirigeants ont tiré les leçons de ces soulèvements populaires et essaient le plus possible d’éviter de telles manifestations de mécontentement qui ne sont jamais bonnes pour l’image d’une ville</em> ».</p>
<p>En tout cas, les réseaux sociaux continuent à être mobilisés contre la gentrification de Hambourg. « <em>Ils soulignent un paradoxe</em>, reprend encore Ben Kerste : <em>la « ville entreprise » s’accompagne d’une diminution drastique des logements sociaux. La ville s’enrichit, la population augmente, mais l’habitat pour les couches populaires devient de plus en plus rare</em> ». Le manifeste « <a title="Not in our name" href="http://www.signandsight.com/features/1961.html" target="_blank">Not in our name</a> », rédigé par un groupe d&#8217;artistes et d&#8217;intellectuels locaux, revendique ainsi une créativité non marchande : « <em>Dans cette ville, nous avons toujours cherché des lieux en dehors de l’emprise du marché, parce que nous y pouvions être plus libres, plus autonomes, plus indépendants. Nous ne voulons pas augmenter leur valeur maintenant. Nous ne voulons pas discuter le Pour nous, tout ce que nous faisons dans cette ville a quelque chose à voir avec l&#8217;espace libre, avec des idées alternatives, des utopies et avec des contestations de la logique d&#8217;exploitation.</em> »</p>
<p>Dans un système capitaliste, toute revalorisation urbaine a des incidences sur le prix de l’immobilier. La planification peut permettre de limiter les dérives spéculatives. Mais est-il possible de supprimer complètement les stratégies marchandes ? « <em>L’image de Wilhelmsburg a changé, </em>reprend Ben Kerste<em>. On crée de belles images. On a l’impression d’être dans le meilleur des mondes. Et puis, l’IBA ne se concentre que sur une partie de l’île de l’Elbe avec l’ambition de renouveler la population. Mais, pendant ce temps, d’autres quartiers sont laissés à l’abandon. Cette politique génère de la gentrification, donc des déplacements de population vers ces quartiers délaissés</em> ».<br />
Un projet d’urbanisme est-il condamné à échouer sur la question sociale ? Des contre-exemples existent. Le 25 mai, Gabriele Steffen viendra témoigner de la reconversion réussie d’un quartier de Tübingen (ville allemande située à quarante kilomètres au sud de Stuttgart). En tout cas, en voulant tout planifier, les opérateurs réduisent forcément les espaces de liberté. Une opération qui désire prendre en compte tous les besoins et tous les usages doit accepter une part de non intervention, de non transformation du territoire investi.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_685" class="footnote">Mais, cet indicateur doit être pondéré car, en Allemagne, il n’y a pas de salaire minimum, si bien que le nombre de salariés pauvres est conséquent. Ainsi, comme le précise le sociologue Christophe Apprill, les salaires dans la restauration sont de l’ordre de 400 Euros par mois</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Plan local d’urbanisme : la Mairie de Marseille ne veut pas réduire les fractures sociales et spatiales</title>
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		<pubDate>Fri, 22 Mar 2013 08:52:34 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[La communauté urbaine de Marseille a engagé pratiquement en même temps la réalisation des trois documents d’urbanisme (SCOT, PLH, PLU) qui visent à planifier les pratiques et les usages de la ville. Dans le dernier document en date, le PLU, l’analyse très critique de l’association Centre ville pour tous (CVPT) &#8211; partagée par plusieurs institutions &#8211; a été reprise dans le rapport de la Commission d’enquête publique. En ne se conformant pas aux conclusions de cette Commission, le pouvoir politique s’expose à des recours devant les tribunaux et donc à l’annulation du document. Comment en est-on arrivé là ? Schéma de cohérence territoriale (SCOT), Programme local de l’habitat (PLH), Plan local d’urbanisme (PLU), ces outils définissent les modes d’occupation et d’usage de l’espace urbain, les activités, les déplacements&#8230; Théoriquement, ils sont complémentaires. Or, le SCOT, le PLH et le PLU, qui concernent Marseille et sa métropole, ont pratiquement été réalisés en même temps. Pour Didier Hauteville, technicien qui travaille sur ces dossiers, cet enchaînement n’est pas que conjoncturel. « Le SCOT a été rapidement bouclé pour ne pas intégrer les prescriptions de la loi Grenelle sur l’environnement. Puis on s’est dépêché de faire un PLU à Marseille pour éviter qu’il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La communauté urbaine de Marseille a engagé pratiquement en même temps la réalisation des trois documents d’urbanisme (SCOT, PLH, PLU) qui visent à planifier les pratiques et les usages de la ville. Dans le dernier document en date, le PLU, l’analyse très critique de l’association <a title="CVPT" href="http://www.centrevillepourtous.asso.fr/" target="_blank">Centre ville pour tous</a> (CVPT) &#8211; partagée par plusieurs institutions &#8211; a été reprise dans le <a title="Rapport" href="http://www.marseille-provence.com/actions/habitat-urbanisme-politique-de-la-ville/revision-pos-marseille-plu-arrete-mpm/revision-pos-plu-marseille-mpm.html" target="_blank">rapport de la Commission d’enquête publique</a>. En ne se conformant pas aux conclusions de cette Commission, le pouvoir politique s’expose à des recours devant les tribunaux et donc à l’annulation du document. Comment en est-on arrivé là ?<span id="more-631"></span></p>
<p>Schéma de cohérence territoriale (SCOT), Programme local de l’habitat (PLH), Plan local d’urbanisme (PLU), ces outils définissent les modes d’occupation et d’usage de l’espace urbain, les activités, les déplacements&#8230; Théoriquement, ils sont complémentaires. Or, le SCOT, le PLH et le PLU, qui concernent Marseille et sa métropole, ont pratiquement été réalisés en même temps. Pour Didier Hauteville, technicien qui travaille sur ces dossiers, cet enchaînement n’est pas que conjoncturel. « <em>Le SCOT a été rapidement bouclé pour ne pas intégrer les prescriptions de la loi Grenelle sur l’environnement. Puis on s’est dépêché de faire un PLU à Marseille pour éviter qu’il devienne communautaire</em> ». Nous sommes en effet loin d’un projet à l ‘échelle de l’ère métropolitaine. Alors même que le PLU devrait être piloté par la CUM (Communauté urbaine de Marseille), cette dernière, pour des raisons « politiques », a abandonné sa compétence à la Ville de Marseille. Résultat : le PLU s’inscrit sur le seul territoire de la cité phocéenne et, forcément, il épouse l’approche idéologique défendue par la majorité municipale. Pourtant, du fait du poids de la capitale régionale, les enjeux sont largement intercommunaux.</p>
<p>Cependant, le fait que le SCOT, le PLH et le PLU soient présentés en même temps présente aussi un avantage : on peut les comparer plus facilement. Le SCOT représente le document le plus prospectif. Il a pour but d’harmoniser les différentes politiques publiques menées sur le territoire de l’aire métropolitaine (mais, dans les faits, chaque intercommunalité produit son SCOT). Le PLH décrit et programme les actions en matière d’habitat sur la Communauté urbaine. Ces deux documents d’intervention viennent donc encadrer le PLU qui, lui, définit les modalités détaillées de d’occupation de l’espace pour les nouveaux projets, mais à l’échelle de la commune. De par la hiérarchie des normes, le PLU doit donc trouver sa place dans le SCOT et le PLH ; ce qui n’est pas le cas actuellement. Comme le résume Didier Hauteville : « <em>A Marseille, les objectifs sont toujours bons. On n’a jamais vu un SCOT prôner l’organisation de la ségrégation sociale ou un PLH ne pas encourager la construction de logements sociaux. La pierre d’achoppement, c’est le passage à l’acte</em> ».</p>
<p><strong>De bonnes intentions suivies de peu d’effets</strong><br />
Centre ville pour tous (CVPT) est reconnu en tant qu’association locale d’usagers agrée (ALUA). Grâce à cet agrément, CVPT doit être impliqué dans le processus de consultation qui accompagne la réalisation des documents d’urbanisme. « <em>A chaque fois, nous avons organisé des rencontres, des débats et nous avons émis des critiques</em>, explique Christian de Leusse. <em>Et les résultats sont très mitigés</em> ». Ainsi, CVPT n’a pas cessé de pointer une double nécessité : « <em>impulser un grand projet urbain dans le centre de Marseille ; maintenir et développer dans ce même centre-ville un habitat diversifié</em> ». De plus, les membres de CVPT militent pour que les habitants soient beaucoup mieux intégrés aux procédures d’élaboration des projets urbains.<br />
Ces objectifs apparaissent peu ou prou dans le SCOT, document prospectif et général. Le PLH, qui transcrit ces prescriptions à l’échelle intercommunale, est déjà moins ambitieux. « <em>Nous avons pu analyser comment se planifiait la spatialisation du logement, poursuit Christian de Leusse. La Ville a essayé de masquer le déséquilibre dans la répartition de l’habitat social</em> ». Ainsi, jusqu’en 2018, dans les trois premiers arrondissements de Marseille, le PLH ne prévoit de construire que 460 logements sociaux par an (dont 330 logements sociaux nouveaux). Si cette programmation représente un effort notable, elle reste quand même très en dessous des besoins de la population<sup><a href="http://www.pensonslematin.org/2013/03/22/plan-local-durbanisme-la-mairie-de-marseille-ne-veut-pas-reduire-les-fractures-socio-spatiales/#footnote_0_631" id="identifier_0_631" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="lire l&rsquo;avis de CVPT sur le PLH de Marseille">1</a></sup>. Or, ces objectifs déjà insuffisants ne sont même pas mis en œuvre dans le PLU. « <em>Il n’identifie que sept réserves pour le logement social, principalement dans des quartiers déjà fort dotés en logement social et sur des sites déjà maîtrisés, s’insurge Patrick Lacoste. Un seul de ces sites concerne le centre-ville. A ce compte, le centre se verra doté, sur les six prochaines années, de 150 à 200 logements sociaux par an. Nous sommes loin des 460 par an, annoncés dans le PLH</em> ». « <em>De plus</em>, ajoute Christian de Leusse, <em>il est principalement question d’accession sociale. Or, l’accession à la propriété concerne les classes moyennes. Le problème est donc à la fois quantitatif et qualitatif. Les logements doivent être accessibles aux habitants qui en ont le plus besoin. Or, dans certains quartiers de Marseille, les revenus de la population sont extrêmement faibles</em> ».<sup><a href="http://www.pensonslematin.org/2013/03/22/plan-local-durbanisme-la-mairie-de-marseille-ne-veut-pas-reduire-les-fractures-socio-spatiales/#footnote_1_631" id="identifier_1_631" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="lire Marseille une ville tr&egrave;s pauvre, mais aussi tr&egrave;s riche">2</a></sup> Philippe Hauteville rappelle alors que 60% de la population marseillaise est éligible au logement social. Et il insiste, lui aussi, sur le fait que les logements proposés ne sont pas du tout adaptés aux ménages les plus pauvres. En conséquence, la population, qui ne peut pas être accueillie dans le parc social, investit un habitat de gestion privée très dégradé. Des marchands de sommeil prospèrent sur cette misère sociale. Patrick Lacoste n’hésite pas à affirmer que « <em>le PLU organise la ségrégation urbaine. Marseille n’avait jamais connu un POS aussi ségrégatif</em> ».</p>
<p><strong>Un PLU ségrégatif</strong><br />
Mais, avant que le PLU soit définitivement adopté, il doit se soumettre aux avis d’une Commission d’enquête publique. Or, cette dernière, dans son rapport du 8 février, a certes rendu un avis favorable, mais assorti de fortes réserves. « <em>La Commission d’enquête partage la position de CVPT</em>, explique Patrick Lacoste. <em>Le rapport traduit en langage technique les recommandations de l’association : développer les centralités métropolitaines et affirmer leur rôle structurant ; poursuivre en priorité la requalification du centre ancien pour conforter son rôle de cœur métropolitain</em> ». De plus, Marseille est un territoire où les réglementations ne s’appliquent pas exactement comme partout ailleurs. Ainsi, les espaces boisés classés sont normalement totalement inconstructibles et protégés. Or, il était possible de demander à la municipalité d’ouvrir une fenêtre de constructibilité sur de tels espaces (par exemple, au cœur du 7e arrondissement). La Commission d’enquête n’accepte plus ces passe-droits. Et, concernant la mixité sociale, la Commission reprend l’avis de CVPT. Elle demande que le futur règlement de constructibilité intègre des « <em>mesures contraignantes permettant de garantir la réalisation des objectifs en matière de mixité sociale</em> ».</p>
<p>La Ville et la CUM doivent désormais retravailler le projet. Puis, en juin 2013, le document sera définitivement voté par le conseil communautaire. L’avis de la commission d’enquête sera-t-il suivi ? Dans le cas contraire, des recours peuvent conduire à l’annulation du PLU. Michel Guillon résume la situation : « <em>Dans le rapport de la commission d’enquête cinq réserves valent refus et rejet. Et celles concernant les objectifs de mixité sociale ne pourront jamais être levées dans les délais</em> ». « <em>Le courage consisterait à pratiquer un véritable rééquilibrage de la politique de logement social</em>, explique alors Didier Hauteville ». Patrick Lacoste s’interroge à son tour : « <em>Dans quelles mesures les maires de secteur, le Maire de Marseille, le Président de la CUM vont-ils, d’ici le conseil communautaire de juin, intégrer cette exigence de rééquilibrage social ? Ils vont devoir faire un véritable choix politique</em> ». La CUM, dirigée par un socialiste, Eugène Caselli, va-t-elle reprendre la main pour rendre le PLU plus conforme à l’intérêt collectif ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Lire également :</p>
<p><a title="PLU" href="http://www.pensonslematin.org/?p=643" target="_blank">Planification de l’urbanisme à Marseille : quelles responsabilités techniques et/ou politiques ? </a></p>
<p><a title="PLU" href="http://www.pensonslematin.org/?p=655" target="_blank">Une politique ségrégative ?</a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_631" class="footnote">lire <a title="avis de CVPT" href="http://goo.gl/e6vxn" target="_blank">l’avis de CVPT sur le PLH de Marseille</a></li><li id="footnote_1_631" class="footnote">lire <a title="PLM" href="http://www.pensonslematin.org/?p=321" target="_blank">Marseille une ville très pauvre, mais aussi très riche</a></li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Planification de l’urbanisme à Marseille : quelles responsabilités techniques et/ou politiques ?</title>
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		<pubDate>Fri, 22 Mar 2013 07:14:48 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[La réalisation du Plan Local d’Urbanisme a mis en lumière les forts antagonismes politiques qui traversent la Ville de Marseille. Depuis 50 ans, ce territoire accumule les retards dans la planification de son urbanisme. &#160; Nathalie Desfossés a suivi les réunions de concertation sur le PLU. « Pour en avoir discuté avec le commissaire enquêteur, il semblerait que le les élus marseillais n’arrivent pas à s’accorder sur une politique commune, plus particulièrement sur le territoire du centre-ville. Les intérêts sont divergents et complexes. On assiste donc à une accumulation de procédures : l’éradication de l’habitat indigne, l’Opération grand centre ville menée par la Soleam, Euroméditerrannée, les périmètres de rénovation urbaine, les programmes menés en régie par la Ville&#8230;&#8230; On saupoudre et ça manque d’articulation. Les moyens de mener une politique globale existent, mais ils nécessitent un courage et un consensus politique ». Nathalie Desfossés estime donc que si le PLU est insatisfaisant, la responsabilité n’en incombe pas aux techniciens. « Sur les trois années de rédaction du document, deux furent consacrées à la sensibilisation des élus sur des thématiques que la loi oblige à prendre en compte : la place de la nature en ville, les protections patrimoniales, etc.. Et, sur ces questions, le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La réalisation du Plan Local d’Urbanisme a mis en lumière les forts antagonismes politiques qui traversent la Ville de Marseille. Depuis 50 ans, ce territoire accumule les retards dans la planification de son urbanisme.<span id="more-643"></span></p>
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<p>Nathalie Desfossés a suivi les réunions de concertation sur le PLU. « <em>Pour en avoir discuté avec le commissaire enquêteur, il semblerait que le les élus marseillais n’arrivent pas à s’accorder sur une politique commune, plus particulièrement sur le territoire du centre-ville. Les intérêts sont divergents et complexes. On assiste donc à une accumulation de procédures : l’éradication de l’habitat indigne, l’Opération grand centre ville menée par la Soleam, Euroméditerrannée, les périmètres de rénovation urbaine, les programmes menés en régie par la Ville&#8230;&#8230; On saupoudre et ça manque d’articulation. Les moyens de mener une politique globale existent, mais ils nécessitent un courage et un consensus politique </em>». Nathalie Desfossés estime donc que si le PLU est insatisfaisant, la responsabilité n’en incombe pas aux techniciens. « <em>Sur les trois années de rédaction du document, deux furent consacrées à la sensibilisation des élus sur des thématiques que la loi oblige à prendre en compte : la place de la nature en ville, les protections patrimoniales, etc.. Et, sur ces questions, le PLU représente un réel progrès et il tente de rattraper le retard. Par contre, concernant la mixité sociale, les techniciens se sont heurtés à un blocage. L’Agam (l’agence d’urbanisme de la ville de Marseille) a pourtant quantifié la capacité de construction de logements par arrondissement. Mais la municipalité n’a pas voulu mettre en place des servitudes de mixité sociale. La loi SRU incite pourtant à l’élaboration d’un tel outil de planification</em> ». La conclusion de Nathalie Desfossés laisse entrevoir des perspectives  : « <em>Le pouvoir politique ne prend pas de décision forte, par lâcheté. Il n’a pas conscience des effets à long terme de cette absence de courage. Mais, si les techniciens continuent à bien faire leur boulot, on peut espérer que, petit à petit, les choses changent. Ils ont déjà réalisé un important travail de repérage de l’existant, et ont tenté d’articuler ces existants entre eux pour créer une cohésion et une logique urbaine. Ils ont réussi à faire adopter des principes qui représentent de vraies avancées sur le plan de l’urbanisme</em>». Les décideurs politiques vont-ils progresser dans leur capacité à mieux utiliser leur pouvoir de planification et d’incitation pour répondre tant aux exigences légales qu’aux propositions techniques qui leur sont faites ? Dans quatre ans, le PLU sera intercommunal. Ce changement d’échelle induira-t-il une approche plus pertinente des besoins du territoire ? Rien n’est moins sûr, car beaucoup d’incertitudes subsistent. Comment les communes et intercommunalités du territoire vont-elles se saisir de l’enjeu ? Avec quelle volonté de construire un destin commun ?</p>
<p><strong>L’histoire d’une impéritie</strong></p>
<p>Michel Guillon, lui, n’exonère pas les techniciens de la ville de Marseille : « <em>Il me semble que nous sommes confrontés à une impéritie générale. Il y a certes une absence de volonté politique, mais elle profite d’une incroyable inculture urbaine</em> ». Pourtant, à en croire Christian de Leusse, Marseille a eu par le passé des techniciens compétents. « <em>Ils ont su intervenir de manière judicieuse sur des dossiers sensibles : la résorption des bidonvilles, les plans de sauvegarde de l’habitat très dégradé&#8230;</em> ». Comment la situation a-t-elle pu autant dégénérer ? « <em>La déperdition de compétences fut progressive</em>, explique Christian de Leusse <em>et elle s’est amplifiée à partir de 1991, quand Marseille Aménagement a pris la main sur le centre-ville. La direction de l’habitat de la ville a été dépossédée de ses responsabilités au profit de cette société d’économie mixte. Dans le même temps, l’Etat – du fait de la décentralisation &#8211; a perdu sa capacité de contrôle et d’incitation. On en est ainsi arrivé à cette situation de délabrement </em>». En 2004, ce fonctionnement désastreux a enfin été remis en cause. « <em>La Ville s’est rendu compte que cette gestion était suicidaire,</em> reprend Michel Guillon. <em>La direction de l’urbanisme a pu de nouveau intervenir dans l’aménagement du centre-ville. Désormais les rôles sont inversés. La Soléam qui remplace Marseille Aménagement est sous l’autorité de la direction de l’urbanisme. Mais il y a eu une traversée du désert qui s’est forcément accompagnée d’une perte de compétence. Un tel retard ne se récupère pas du jour au lendemain </em>».</p>
<p><strong>Une approche hors sol</strong></p>
<p>De toute façon, le plus pertinent des documents d’urbanisme devra toujours se confronter aux principes de réalité. Michel Guillon rappelle qu’en volume, le dossier réalisé pour le PLU représente plus d’un mètre de linéaire papier. « <em>Il symbolise l’un des sommets de la complexité administrative et réglementaire. Pour réaliser leur rapport, les cinq commissaires enquêteurs ont travaillé à temps plein pendant huit mois. Et, pendant ce temps, sur le terrain vous avez des gens qui portent des micro-projets modestes de transformation de leur quartier. L’écart est gigantesque. Les SCOT, PLH, PLU sont des documents techniques rigoureux et indispensables, mais il est tout aussi essentiel d’être impliqué sur le terrain</em> ».</p>
<p>En effet, comment porter un diagnostic pertinent sur une situation que l’on n’a pas soi-même éprouvé ? Le sociologue André Donzel a participé au groupe d’experts sur le centre-ville mis en place dans le cadre du projet de métropole. Il a pu ainsi identifier la manière dont l’Etat et les administrations locales envisagent ce territoire de vie. « <em>J’ai été effaré par leur approche socio-économique. A les entendre, on a l’impression que le centre-ville est inhabité. D’où un déficit flagrant dans l’analyse de tout ce qui relève des dynamiques d’emploi ou des mobilités, qu’elles soient professionnelles ou résidentielles&#8230; A Marseille, on est très fort pour planifier, mais au moment de la mise en œuvre, ça déraille complètement </em>». André Donzel confirme aussi que le portage politique est particulièrement défectueux. « <em>Ce n’est pas qu’une question de moyens. Enormément d’argent est investi sur le centre-ville de Marseille. Cent douze institutions et organismes publics interviennent sur ce périmètre, mais sans aucune coordination. La Ville, qui aurait pu assurer un rôle de coordination, joue sa propre partition. Le concept de gouvernance partagée est très pratique pour renvoyer la responsabilité sur le voisin </em>».</p>
<p><strong>Une politique de communication et non d’information</strong></p>
<p>Pour ne pas avoir à rendre compte de son incompétence, le pouvoir politique va tenter de la dissimuler. Il va faire en sorte que la population ne soit pas en mesure de juger du bien fondé ou non des décisions prises. « <em>Certes ces questions sont techniques et complexes, </em>affirme Alain Moreau<em>. Mais, la classe politique marseillaise ne veut pas que les citoyens soient bien informés. Il suffit de voir l’évolution de la  <a title="Revue Marseille" href="http://www.marseille.fr/siteculture/le-kiosque--billetterie/la-revue-marseille" target="_blank">Revue Marseille</a></em><a title="" href="#_ftn1">[1]</a>. <em>Après guerre, elle était un vivier d’informations sur la politique municipale. Tous les débats politiques et techniques étaient exposés et détaillés dans la revue. Au fil du temps, cette mission d’information s’est étiolée au profit de textes valorisant le patrimoine et l’histoire de la cité. On est passé de l’information à une communication destinée à promouvoir l’image de la ville. Comment une population privée de toutes les clés de compréhension pourrait-elle se déterminer judicieusement ? </em> »</p>
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<p>Lire également :</p>
<p><a title="PLU" href="http://www.pensonslematin.org/?p=631 " target="_blank">Plan local d&#8217;urbanisme : La Ville ne veut pas réduire les fractures sociales et spatiales </a></p>
<p><a title="PLU" href="http://www.pensonslematin.org/?p=655" target="_blank">Une politique ségrégative ?</a></p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
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<p><a title="" href="#_ftnref1">[1]</a> Revue municipale tirée à 4 000 exemplaires et qui « s’attache à promouvoir l’image de la ville aux yeux de ses habitants et du reste du pays »</p>
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		<title>Une politique ségrégative ?</title>
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		<pubDate>Thu, 21 Mar 2013 09:29:46 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Les politiques d’urbanisme et d’aménagement du territoire marseillais ne favorisent absolument pas la mixité sociale. Ce « laisser faire » est un choix politique qui aggrave les fractures sociales et spatiales. « Je reste sur ma faim, quand on m’explique une situation par des manques, affirme le sociologue Philippe Hierro. Je préfère que l’on énonce positivement  la politique de la Ville de Marseille. Il ne s’agit pas de tomber dans la dénonciation. Mais il me semble nécessaire de qualifier la politique qui est à l’œuvre à Marseille et qui aboutit au refus de la mixité sociale ». Et Patrick Lacoste de rappeler certains propos tenus par les élus de l’actuelle majorité municipale : « Les 650 ménages actuels locataires n’ont pas vocation à demeurer rue de la République », déclarait ainsi, en août 2004, Danielle Servant, l’adjointe au Maire déléguée à l’urbanisme, lors d’une conférence de presse tenue avec le Fonds de pension Lone Star. Il ne faisait alors aucun doute que la volonté du maire et de son équipe était de « reconquérir » le centre ville. Jordi Deulofeu partage ce point de vue : « Je ne sais pas ce que signifie absence de volonté politique. Des élus votent. Donc, ils décident. Il n’y a pas d’absence, mais des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les politiques d’urbanisme et d’aménagement du territoire marseillais ne favorisent absolument pas la mixité sociale. Ce « laisser faire » est un choix politique qui aggrave les fractures sociales et spatiales.<span id="more-655"></span></p>
<p>«<em> Je reste sur ma faim, quand on m’explique une situation par des manques</em>, affirme le sociologue Philippe Hierro. <em>Je préfère que l’on énonce positivement  la politique de la Ville de Marseille. Il ne s’agit pas de tomber dans la dénonciation. Mais il me semble nécessaire de qualifier la politique qui est à l’œuvre à Marseille et qui aboutit au refus de la mixité sociale</em> ». Et Patrick Lacoste de rappeler certains propos tenus par les élus de l’actuelle majorité municipale : « <em>Les 650 ménages actuels locataires n’ont pas vocation à demeurer rue de la République </em>», déclarait ainsi, en août 2004, Danielle Servant, l’adjointe au Maire déléguée à l’urbanisme, lors d’une conférence de presse tenue avec le Fonds de pension Lone Star. Il ne faisait alors aucun doute que la volonté du maire et de son équipe était de « reconquérir » le centre ville. Jordi Deulofeu partage ce point de vue : « <em>Je ne sais pas ce que signifie absence de volonté politique. Des élus votent. Donc, ils décident. Il n’y a pas d’absence, mais des actes. Maintenant, il est évident que ces choix ne sont pas dictés par une vision politique à long terme. S’entourer ou non de personnes compétentes, c’est aussi faire des choix. De nombreux projets témoignent de la volonté de la Ville de Marseille d’organiser la ségrégation sociale. Combien de fois l’argent des contribuables a-t-il financé des opérations qui ont profité à des intérêts privés ?</em> »</p>
<p><strong>La privatisation du bien commun</strong></p>
<p>Le sociologue Christophe Apprill propose alors de décrypter les mécanismes qui, dans l’action politique, permettent de substituer l’intérêt privé au bien commun : « <em>La prise de décision des élus est de plus en plus motivée par des expériences infra-individuelles. Ainsi, Ils vont s’intéresser aux problèmes de santé, parce que, eux-mêmes, vieillissent ; le logement social devient une question importante pour eux, quand leurs enfants ne trouvent plus à se loger, etc. Cette approche relève de la subjectivité la plus étroite. Nous sommes loin des grandes causes collectives reposant sur des notions d’égalité, de solidarité. Et, à Marseille, on identifie facilement la congruence entre la manière dont se construit la décision politique au niveau infra-individuel et la défense des intérêts privés. Un certain nombre d’acteurs agissent, non pas dans l’impéritie et dans le laisser-faire, mais en militant pour la défense d’intérêts qui ne relèvent pas du bien commun</em> ».</p>
<p>Il est donc mensongé de prétendre que cette priorité donnée aux enjeux économiques est politiquement neutre, qu’elle n’est ni de droite ni de gauche.  Elle est, au contraire, surdéterminante. « <em>Il serait intéressant de mieux appréhender ces stratégies</em>, estime le chorégraphe Bernard Misrachi, <em>car, souvent, elles aveuglent tous les autres enjeux qui concernent la ville </em>». Patrick Lacoste donne un aperçu de cette idéologie : « <em>Dans les perspectives de développement à vingt ans, la Ville veut s’appuyer sur le tourisme/hôtellerie et les classes créatives. Elle a ainsi fait déclasser des dizaines d’hectares qui, dans le PLU, étaient initialement prévu pour l’industrie, les PME, l’artisanat&#8230; et qui ont été affectés à l’accueil de bureaux et de l’hôtellerie. Or, ces activités ne correspondent pas aux profils socio-professionnels de la majorité des marseillais. On continue à construire de l’immobilier commercial et de bureaux, alors même que la demande ne cesse de diminuer. Tous les experts s’accordent à dire que dans ce secteur, nous sommes en situation de surproduction, nous sommes au sommet d’une bulle qui va éclater</em> ». « <em>Ne nous laissons pas berner par les discours idéologiques qui prétendent que l’économie relève du réel et à ce titre précède le politique </em>», renchérit le sociologue Bernard Organini. <em>Un projet politique fort met toujours l’économie au pas. Nous n’avons pas de pensée volontariste qui donnerait un sens à notre action et l’économie en profite </em>».</p>
<p><strong>La vraie richesse</strong></p>
<p>Le double dogme de la mondialisation et du libéralisme économique conduit à appliquer partout les mêmes recettes globalement dévastatrices. Pendant ce temps, la « richesse locale » est niée. Et Philippe Foulquié de faire référence à la revue <a href="http://www.limpossible.fr/">l’Impossible</a>. Dans son numéro de février, « l’autre journal » publie un entretien avec Yohanne Lamoulère. Cette photographe marseillaise met ainsi en lumière des initiatives et des individus qui, aux yeux des dirigeants, n’ont absolument pas droit de Cité.</p>
<p>Philippe Foulquié nous invite aussi à lire l’édito de Michel Butel. « <em>Il ouvre des considérations qui sont totalement écartées par le pouvoir politique local. On déclare la ville pauvre pour ne pas nommer les richesses. On élimine l’apport des 43 communautés qui peuplent cette ville. On ne veut pas en entendre parler. La notion de créativité, telle qu’elle nous est vendue par la « ville créative », fait complètement l’impasse sur les ressources culturelles, historiques, ethniques&#8230; de Marseille</em> ».</p>
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<p>Lire également :</p>
<p><a title="PLU" href="http://www.pensonslematin.org/?p=643" target="_blank">Planification de l’urbanisme à Marseille : quelles responsabilités techniques et/ou politiques ? </a></p>
<p><a title="PLU" href="http://www.pensonslematin.org/?p=631" target="_blank">Plan local d’urbanisme : la Mairie de Marseille ne veut pas réduire les fractures socio spatiales  </a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>2013 : Construction collective</title>
		<link>http://www.pensonslematin.org/2013/01/20/2013-construction-collective/</link>
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		<pubDate>Sun, 20 Jan 2013 17:26:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Quels thèmes seront développés en 2013 par Pensons le Matin ? Quels enjeux ? Quelles actions pour quelles transformations ? Pour sa troisième « saison », PLM continuera de proposer des moments d’échanges sur des sujets articulant la problématique de la ségrégation urbaine à celle de la démocratie culturelle. Il sera notamment question des incidences de la Capitale européenne de la culture sur la transformation du paysage urbain de la métropole marseillaise. Dès le mois de janvier, PLM reviendra sur les Quartiers créatifs. Au-delà du dispositif porté par Marseille-Provence 2013, il s’agira notamment d’analyser la place (réelle et symbolique) de la culture dans les dispositifs initiés par les opérateurs publics de la transformation urbaine dans les quartiers dits « sensibles ». A noter qu’un collectif de chercheurs travaille également sur ces Quartiers créatifs. S’il sera beaucoup trop tôt pour qu’ils délivrent des conclusions, ils pourront donner quelques éléments sur les pistes qu’ils explorent. La place des artistes dans les Quartiers créatifs sera, également, une nouvelle fois, interrogée. Des équipes à « l’œuvre » sur le terrain viendront donc partager leur expérience. Cette créativité sera également abordée sous l’angle économique. Quels liens entre l’économie créative et la créativité des quartiers ? Que représente l’économie culturelle et touristique dite &#171;&#160;créative&#160;&#187; en terme d’emploi ? [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Quels thèmes seront développés en 2013 par Pensons le Matin ? Quels enjeux ? Quelles actions pour quelles transformations ?</strong><span id="more-607"></span> Pour sa troisième « saison », PLM continuera de proposer des moments d’échanges sur des sujets articulant la problématique de la ségrégation urbaine à celle de la démocratie culturelle. Il sera notamment question des incidences de la Capitale européenne de la culture sur la transformation du paysage urbain de la métropole marseillaise. Dès le mois de janvier, PLM reviendra sur les <a title="« Quartiers créatifs » : l’art à l’épreuve de la réalité sociale" href="http://www.pensonslematin.org/2012/12/14/quartiers-creatifs-lart-a-lepreuve-de-la-realite-sociale/">Quartiers créatifs</a>. Au-delà du dispositif porté par <a title="Marseille-Provence 2013" href="www.mp2013.fr/" target="_blank">Marseille-Provence 2013</a>, il s’agira notamment d’analyser la place (réelle et symbolique) de la culture dans les dispositifs initiés par les opérateurs publics de la transformation urbaine dans les quartiers dits « sensibles ».</p>
<p>A noter qu’un collectif de chercheurs travaille également sur ces Quartiers créatifs. S’il sera beaucoup trop tôt pour qu’ils délivrent des conclusions, ils pourront donner quelques éléments sur les pistes qu’ils explorent.</p>
<p>La place des artistes dans les Quartiers créatifs sera, également, une nouvelle fois, interrogée. Des équipes à « l’œuvre » sur le terrain viendront donc partager leur expérience.</p>
<p>Cette créativité sera également abordée sous l’angle économique. Quels liens entre l’économie créative et la créativité des quartiers ? Que représente l’économie culturelle et touristique dite &laquo;&nbsp;créative&nbsp;&raquo; en terme d’emploi ? L’approche économique défendue dans ces projets artistiques participatifs ne relève-t-elle pas plutôt de l’économie sociale et solidaire ? Une approche qui, elle, fonctionne sur trois pieds, empruntant à la fois aux économies publiques et privées tout en revendiquant des formes d’échanges non marchands. La place du bénévolat et du volontariat est en effet très importante dans le secteur culturel. Avec comme effet pervers le développement de la précarité. En tout cas, cette volonté d’envisager autrement les questions économiques trouvent des échos dans d’autres champs d’activité, notamment des approches « patrimoniales » et internationales. Ainsi la <a title="Convention de Faro" href="conventions.coe.int/treaty/fr/treaties/html/199.htm" target="_blank">convention de Faro</a>, mise en place par le Conseil de l’Europe, propose une définition innovante du concept de patrimoine. Ici, ce n’est plus l’objet qui importe, mais l’usage et l’exercice d’un droit à participer à la vie culturelle de la cité. La constitution de communautés patrimoniales permet le développement d’initiatives publiques, privées et associatives. Sur ce principe, à Marseille, une coopérative patrimoniale, <a title="Hôtel du Nord" href="http://hoteldunord.coop/" target="_blank">Hôtel du Nord</a>, offre différents services : « séjourner dans des chambres chez l’habitant, participer à un séjour solidaire, se balader autrement, consommer les produits locaux et découvrir des textes, des images et des sons issus de la recherche passionnée menée sur ces quartiers ». La mairie de secteur des 2/3 applique les mêmes valeurs. Elle abrite une <a href="http://patrimoinesetcreations23.blogspot.fr/" target="_blank">coordination « patrimoines et créations » </a>qui regroupe des associations et des habitants du territoire. Les contenus et les savoirs sont notamment partagés lors de balades patrimoniales.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>La &laquo;&nbsp;créativité&nbsp;&raquo; destructive </strong></p>
<p>En février, Pensons le matin reviendra sur la notion de « <a title="Pour des cités créatrices" href="http://www.pensonslematin.org/2011/01/21/pour-des-cites-creatrices/" target="_blank">ville créative</a> ». Elsa Vivant, maître de conférences en urbanisme, proposera une analyse critique de l’instrumentalisation de la culture dans l’action urbaine. Cette intervention sera remise en contexte par rapport à la situation Marseillaise. Des éléments seront ainsi communiqués sur manière dont s’organise la mutation urbaine, notamment à travers la mise en place d’un <a title="PLU Marseille" href="http://www.marseille-provence.com/actions/habitat-urbanisme-politique-de-la-ville/revision-pos-marseille-plu-arrete-mpm/revision-pos-plu-marseille-mpm.html" target="_blank">PLU</a> (Plan Local de l’Urbanisme) qui dessine l&#8217;avenir du territoire dans les quinze ans à venir. Pour les membres de l’association un <a title="CVPT" href="www.centrevillepourtous.asso.fr/" target="_blank">Centre Ville pour Tous</a>, « <em>ce document organise la ségrégation</em> ».Une autre vision de la ville créative sera alors mise en débat. Une approche qui n’identifie pas la réussite des projets uniquement à l’aune du profit économique. Une multitude d’actions de proximité, de micro projets, se développent en effet dans la ville. Sous des formes très diverses, ces initiatives réinvestissent l’espace public et favorisent l’expression de la citoyenneté.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Hambourg en question</strong></p>
<p>En Mars, focus sur Hambourg où s’est déroulé, de 2006 à 2013, <a title="IBA" href="http://www.iau-idf.fr/detail/etude/iba-hambourg-2013-cinquante-projets-pour-fabriquer-la-metropole.html" target="_blank">l’IBA</a>, un atelier d’urbanisme qui entend proposer un programme de développement innovant pour la métropole Allemande. Une rencontre pour présenter les conclusions de cette IBA aura lieu à Marseille, au Docks de la Joliette. Pensons le matin se penchera également sur les enjeux culturels et urbain de la ville d’Hambourg en mettant en regard des projets institués (Hafencity et l’IBA) des démarches portées par des acteurs artistiques, associatifs et militants qui, eux, revendiquent le droit à la ville pour tous. Ainsi, le collectif « Not in our name » affirme dans une <a title="pétition" href="http://www.signandsight.com/features/1961.html" target="_blank">pétition</a> : « <em>Une ville n&#8217;est pas une marque. Une ville n&#8217;est pas une entreprise. Une ville est une communauté </em>».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Un quartier aux multiples usages</strong></p>
<p>En mai, Gabriele Steffen, viendra témoigner d’un projet urbain à forte vocation sociale engagée en 1990, dans une friche militaire de la ville de Tübingen, en Allemagne.  En tant que Maire de la Ville, Gabriele Steffen a été responsable de cette opération qui a permis à des familles modestes d’accéder à la propriété. L’urbaniste Andreas Feldtkeller a conçu avec les habitants, un véritable quartier aux multiples usages et avec une forte mixité sociale.</p>
<p><a href="http://www.pensonslematin.org/wp-content/uploads/2013/01/Extrait_livre_tubingen1.pdf">Le projet d&#8217;aménagement d&#8217;une friche militaire à Tübingen</a></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Villes à-venir : Les récits urbains. Première étape Istanbul</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Jan 2013 17:58:45 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le Centre Franco-Allemand de Provence, en collaboration avec l&#8217;association Les Amis du Roi des Aulnes (Paris) et le Goethe-Institut (Paris/Nancy) proposent, Villes à-venir, un projet pluriannuel qui traverse quatre métropoles : Marseille-Hambourg-Istanbul-Tanger. Ces rencontres pluridisciplinaires interrogent la finalité et les conséquences des entreprises de réhabilitation et de régénération urbaines. Le seul but de cette restructuration par « destruction créatrice »  est-il de créer des  métropoles régionales ou nationales qui s&#8217;imposent par leur dynamisme et leur attractivité, sans respect des aspirations et des besoins des populations, en particulier des plus défavorisées ? Après un préambule à Marseille à l’automne 2011, le premier volet de Villes-à-venir se déroule les 8 et 9 mars 2013 à Istanbul. Un « forum des représentations de la ville »  réunira urbanistes, philosophes, sociologues, architectes et artistes. Il s’agira de cerner le « grand récit des formes et de l’organisation des lieux de vie : La ville et  son chronotopos ». En sommes, « Mettre des mots sur la ville. Les mots des créateurs et ceux des scientifiques. Quelles sont leurs approches spécifiques, leurs représentations de ce milieu géographique et social, de ce lieu de communication multilingue et multiculturel ? ». Ces récits articulent le rapport au temps long de l’Histoire à celui beaucoup plus court de la vie humaine. Ils [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le Centre Franco-Allemand de Provence, en collaboration avec l&#8217;association Les Amis du Roi des Aulnes (Paris) et le Goethe-Institut (Paris/Nancy) proposent, Villes à-venir, un projet pluriannuel qui traverse quatre métropoles : Marseille-Hambourg-Istanbul-Tanger. Ces rencontres pluridisciplinaires interrogent la finalité et les conséquences des entreprises de réhabilitation et de régénération urbaines. Le seul but de cette restructuration par « destruction créatrice »  est-il de créer des  métropoles régionales ou nationales qui s&#8217;imposent par leur dynamisme et leur attractivité, sans respect des aspirations et des besoins des populations, en particulier des plus défavorisées ? Après un préambule à Marseille à l’automne 2011, le premier volet de Villes-à-venir se déroule les 8 et 9 mars 2013 à Istanbul<span id="more-621"></span></strong>.</p>
<p>Un « forum des représentations de la ville »  réunira urbanistes, philosophes, sociologues, architectes et artistes. Il s’agira de cerner le « grand récit des formes et de l’organisation des lieux de vie : La ville et  son chronotopos ». En sommes, « Mettre des mots sur la ville. Les mots des créateurs et ceux des scientifiques. Quelles sont leurs approches spécifiques, leurs représentations de ce milieu géographique et social, de ce lieu de communication multilingue et multiculturel ? ». Ces récits articulent le rapport au temps long de l’Histoire à celui beaucoup plus court de la vie humaine. Ils se nourrissent autant de mythe que de « traduction » de la réalité. L’architecture et l’urbanisme racontent également l’histoire des villes. Parallèlement au colloque, des projets de création, en direction des jeunes publics, seront développés sous la forme d’ateliers d’écriture et de gastronomie.</p>
<p>Renseignement : Centre Franco-Allemand de Provence.19, rue du Cancel – 13100 Aix-en-Provence. <a href="mailto:cfaprovence@wanadoo.fr">cfaprovence@wanadoo.fr</a>. 04 42 21 29 12. <a href="http://www.cfaprovence.com">www.cfaprovence.com</a></p>
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		<title>L&#8217;îlot des Feuillants ne désarme pas</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Jan 2013 17:35:25 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Pensons le Matin reste impliqué sur le devenir de l’îlot des Feuillants. Rappelons que  la Ville de Marseille, via la SOLEAM (Société Locale d´Equipement et d&#8217;Aménagement de l&#8217;Aire Marseillaise), a lancé un appel d’offre pour l’aménagement de ce pôle immobilier « dégradé » situé sur la Canebière, entre Noailles et Belsunce. Le projet alternatif porté par un collectif associatif et militant entend impulser un profond changement dans l’approche de l’aménagement urbain. &#160; L’objectif consiste à transformer une partie de l’îlot des Feuillants en un espace à la fois participatif et expérimental pour interroger les politiques urbaines de l’ère métropolitaine marseillaise. Pour les acteurs de ce « laboratoire de la ville en mouvement », tout projet d’aménagement doit prendre en compte la compétence des principaux intéressés, à savoir les habitants et les usagers. Le projet alternatif ne sera très probablement pas retenu par la Ville de Marseille. Pour autant, les initiateurs de cette démarche ne désarment pas. Ils continuent leurs actions de mobilisation pour amener les pouvoirs publics à modifier leur approche du dossier. « Il faut beaucoup de temps avant que le permis de construire ne soit accordé, explique Claire Hofer. Un appel d’offre peut toujours être déclaré infructueux et les termes du cahiers des charges modifiés ». Le combat [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pensons le Matin reste impliqué sur le devenir de l’îlot des Feuillants. Rappelons que  la Ville de Marseille, via la <a title="SOLEAM" href="http://www.soleam.net/" target="_blank">SOLEAM</a> (Société Locale d´Equipement et d&#8217;Aménagement de l&#8217;Aire Marseillaise), a lancé un appel d’offre pour l’aménagement de ce pôle immobilier « dégradé » situé sur la Canebière, entre Noailles et Belsunce. Le <a title="L’îlot des Feuillants sur la Canebière : la maîtrise d’usage  par les actes" href="http://www.pensonslematin.org/2012/10/17/lilot-des-feuillants-la-maitrise-dusage-par-les-actes/" target="_blank">projet alternatif</a> porté par un collectif associatif et militant entend impulser un profond changement dans l’approche de l’aménagement urbain.<span id="more-612"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’objectif consiste à transformer une partie de l’îlot des Feuillants en un espace à la fois participatif et expérimental pour interroger les politiques urbaines de l’ère métropolitaine marseillaise. Pour les acteurs de ce « laboratoire de la ville en mouvement », tout projet d’aménagement doit prendre en compte la compétence des principaux intéressés, à savoir les habitants et les usagers. Le projet alternatif ne sera très probablement pas retenu par la Ville de Marseille. Pour autant, les initiateurs de cette démarche ne désarment pas. Ils continuent leurs actions de mobilisation pour amener les pouvoirs publics à modifier leur approche du dossier. « <em>Il faut beaucoup de temps avant que le permis de construire ne soit accordé</em>, explique Claire Hofer. <em>Un appel d’offre peut toujours être déclaré infructueux et les termes du cahiers des charges modifiés</em> ». Le combat pour que îlot des feuillants reste dans le bien public croise bien évidemment les réflexions de Pensons le Matin. Cette initiative qui relève de la « <a title="Participer à la construction de la Cité" href="http://www.pensonslematin.org/2012/10/17/participer-a-la-construction-de-la-cite/">maîtrise d’usage</a> » vient contredire les stratégies de réhabilitation urbaines « gentrificatrices ».</p>
<p>Lire également : <a title="L’îlot des Feuillants sur la Canebière : la maîtrise d’usage  par les actes" href="http://www.pensonslematin.org/2012/10/17/lilot-des-feuillants-la-maitrise-dusage-par-les-actes/" target="_blank">L’îlot des Feuillants sur la Canebière : la maîtrise d’usage  par les actes</a> ; <a title="L’îlot des Feuillants à cœur ouvert" href="http://www.pensonslematin.org/2012/01/08/lilot-des-feuillants-a-coeur-ouvert/" target="_blank">L’îlot des Feuillants à cœur ouvert</a></p>
<p>Le projet  : <a href="http://www.pensonslematin.org/wp-content/uploads/2013/01/Feuillants-Acte-2-V3-27-07-12.pdf">L&#8217;îlot des Feuillants à cœur ouvert</a> ; <a href="http://www.pensonslematin.org/wp-content/uploads/2013/01/îlot-des-Feuillants-à-coeur-ouvert.pdf">dossier de l&#8217;îlot des Feuillants à coeur ouvert</a></p>
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		<title>« Quartiers créatifs » : l’art à l’épreuve de la réalité sociale</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Dec 2012 14:54:19 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Les Quartiers créatifs, dispositif de production initié par Marseille-Provence 2013, installent en résidence des artistes dans les quartiers en rénovation urbaine. Avec l’ambition avouée de transformer par des actes sensibles le regard sur ces territoires en « crise ». Mais quel peut-être l’efficience d’un point de vue esthétique sur une réalité politique et sociale qui ne cesse de se dégrader ? Sur le site internet de Marseille-Provence 2013, les Quartiers créatifs sont présentés comme des « interventions artistiques destinées à questionner, à améliorer ou à changer le cadre de vie des habitants ». Ils ont vocation à « porter un regard poétique et décalé sur la manière dont la ville se construit ». Avec une approche participative, puisque « les habitants sont intégrés dans le processus de transformation de leurs quartiers et dans la dynamique de l’année Capitale ». Or, près de la moitié de la population vit dans des territoires éligibles à la politique de la ville, c’est-à-dire dans des territoires où les habitants sont en grande difficulté économique et sociale. Il aurait été difficilement concevable qu’un espace aussi vaste ne soit pas concerné par une Capitale européenne de la culture qui, par ailleurs, veut s’adresser à tous. Toutefois Marseille-Provence 2013 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les Quartiers créatifs, dispositif de production initié par Marseille-Provence 2013, installent en résidence des artistes dans les quartiers en rénovation urbaine. Avec l’ambition avouée de transformer par des actes sensibles le regard sur ces territoires en « crise ». Mais quel peut-être l’efficience d’un point de vue esthétique sur une réalité politique et sociale qui ne cesse de se dégrader ?</strong><span id="more-572"></span></p>
<p>Sur le site internet de <a title="Quartiers créatifs" href="http://www.mp2013.fr/au-programme/actions-participation-citoyenne/quartiers-creatifs/" target="_blank">Marseille-Provence 2013</a>, les Quartiers créatifs sont présentés comme des « <em>interventions artistiques destinées à questionner, à améliorer ou à changer le cadre de vie des habitants ». Ils ont vocation à « porter un regard poétique et décalé sur la manière dont la ville se construit</em> ». Avec une approche participative, puisque « <em>les habitants sont intégrés dans le processus de transformation de leurs quartiers et dans la dynamique de l’année Capitale</em> ». Or, près de la moitié de la population vit dans des territoires éligibles à la politique de la ville, c’est-à-dire dans des territoires où les habitants sont en grande difficulté économique et sociale. Il aurait été difficilement concevable qu’un espace aussi vaste ne soit pas concerné par une Capitale européenne de la culture qui, par ailleurs, veut s’adresser à tous. Toutefois Marseille-Provence 2013 ne consacre que 5% de son budget à des projets qui, eux, concernent 50% du territoire. Les répartitions restent forcément inégales et ce n’est pas anecdotique. La Capitale européenne de la culture a un objectif prioritaire : attirer des millions de visiteurs. Comment concevoir une vitrine alléchante, alors même que le miroir n’est guère reluisant ?</p>
<p><strong>La culture par quartier ou la culture en entier ?</strong><br />
En tout cas, Marseille-Provence 2013 aurait pu ouvrir, avec des artistes, des architectes, des urbanistes et des « penseurs » de la ville, un véritable laboratoire/observatoire de la mutation urbaine, culturelle et sociale. La métropole marseillaise, de par son histoire, ses contradictions, ses tensions, sa structuration, sa sociologie, apparaît en effet comme un objet d’étude passionnant et un fantastique terrain de jeu pour les artistes. Car, comme le souligne Nathalie Marteau, le champ artistique dialogue de plus en plus avec les problématiques de l’urbanisme. La directrice de la <a title="Le Merlan" href="http://www.merlan.org/" target="_blank">Scène nationale du Merlan</a> rappelle que, dès les années 1980, les artistes ont ouvert des espaces d’expérimentation, notamment dans le cadre de la politique de la ville<sup><a href="http://www.pensonslematin.org/2012/12/14/quartiers-creatifs-lart-a-lepreuve-de-la-realite-sociale/#footnote_0_572" id="identifier_0_572" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ces politiques transversales avaient vocation &agrave; intervenir prioritairement dans les quartiers en difficult&eacute; et elles comportaient en effet une dimension exp&eacute;rimentale qui depuis s&rsquo;est fortement estomp&eacute;e">1</a></sup>. Mais, il semblerait que les approches artistiques développées dans ce cadre aient été trop fortement cantonnées aux questions sociales. Claude Renard a longtemps travaillé en lien avec la Politique de la Ville. Elle connaît donc les limites de ces dispositifs. « <em>Ils sont éphémères et se contentent d’arroser les territoires. A l’inverse, les artistes provoquent de profonds bouleversements dans la manière d’envisager les quartiers. Ils ne devraient pas être produits dans le cadre de politiques condescendantes, mais, par le droit commun et à la hauteur des utopies qu’ils créent. De fait, le Ministère de la culture a été incapable d’accompagner ces démarches</em> ». Pour Claude Renard, de par sa nature expérimentale, cet « art en partage » devrait justement nourrir la réflexion des différents acteurs et les amener à développer des approches beaucoup plus transversales et transsectorielles. Et cette ambition démocratique transcende la simple question de la participation citoyenne. « <em>Nous sommes face à des processus qui soulignent la nécessité de développer un principe de maîtrise d’usage pour et avec les habitants. Il s’agit, en effet, de conquérir de nouveaux droits</em> ». Et Claude Renard de citer Armand Gatti : « <em>Pas de quartiers pour la culture. Mais la culture en entier</em> ».</p>
<p><strong>Coproduire avec qui ?</strong><br />
Les Quartiers créatifs prennent donc la forme de résidences d’artistes dans quatorze sites concernés par des procédures de transformation urbaine. « <em>Le travail se construit en lien avec les responsables de la politique de la ville, les aménageurs, mais aussi, bien sûr, le tissu social et associatif local</em> », explique Nathalie Cabrera (chargée de mission actions de participation citoyenne au sein de Marseille-Provence 2013). Mais la volonté d’instaurer plus d’égalité entre les différents « coproducteurs » se heurtent à des principes de réalité. Car le pouvoir, lui, n’est pas équitablement réparti.<br />
Sur la métropole marseillaise, le dispositif est soutenu (à hauteur de 20% environ) par MRU (Marseille Rénovation Urbaine). L’aide de ce Groupement d’Intérêt Public<sup><a href="http://www.pensonslematin.org/2012/12/14/quartiers-creatifs-lart-a-lepreuve-de-la-realite-sociale/#footnote_1_572" id="identifier_1_572" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le Groupement d&rsquo;Int&eacute;r&ecirc;t Public pour le Grand Projet de Ville, renomm&eacute; Marseille R&eacute;novation Urbaine en 2012, est un partenariat public cr&eacute;&eacute; en 2003. Il rassemble l&rsquo;Etat, la Ville de Marseille, la Communaut&eacute; Urbaine MPM, le Conseil G&eacute;n&eacute;ral, le Conseil R&eacute;gional, la ville de Sept&egrave;mes-les-Vallons, l&rsquo;Association R&eacute;gionale des Organismes HLM, et la Caisse des D&eacute;p&ocirc;ts et Consignations">2</a></sup> qui pilote les projets de renouvellement urbain était de toute façon indispensable. Car, même relativement modestes, ces financements ont ouvert l’accès à des fonds Européens (Feder) qui, eux, représentent 50% du budget des Quartiers créatifs de la métropole marseillaise. Ce soutien institutionnel est toutefois à double tranchant. En effet, Marseille Rénovation Urbaine suscite beaucoup de défiance chez les populations concernées. « <em>Les habitants vivent les opérations de transformation urbaine de manière très violente</em>, analyse le sociologue Christophe Apprill. Ils ont été échaudés par les pratiques des opérateurs qui utilisent la participation comme un alibi. Ils savent bien que la consultation est factice et qu’elle ne sert qu’à justifier un véritable rouleau compresseur ». Patrick Lacoste comprend, lui-aussi, le malaise des habitants qui ont été confrontés à « <em>des opérations de démolition/reconstruction imposé par l’Etat, sans aucune concertation</em> ». Et il est pour le moins sceptique sur les motivations de MRU. « <em>Par rapport au milliard d’euros engagé pour la rénovation urbaine, les Quartiers créatifs ne représentent pour MRU qu’une opération de communication destinée à mieux faire accepter ses projets</em> ».</p>
<p><strong>Un partenaire encombrant</strong><br />
Le Quartier créatif du Grand Saint-Barthélémy est emblématique des ambiguïtés et des contradictions qui traversent ce dispositif. Depuis plusieurs années le collectif Safi s’engage, avec le soutien de la Scène nationale du Merlan, sur des <em>Jardins possibles</em> qui permettent aux habitants de se réapproprier de manière sensible leur environnement. Cette démarche est absolument irréprochable et dans son fond et dans sa forme. Or, des associations du quartier<sup><a href="http://www.pensonslematin.org/2012/12/14/quartiers-creatifs-lart-a-lepreuve-de-la-realite-sociale/#footnote_2_572" id="identifier_2_572" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="CSF et CLCV des quartiers Picon-Busserine">3</a></sup> ont récemment rédigé une <a title="lettre ouverte ANRU" href="http://anrumarseille.files.wordpress.com/2012/11/courrier-mp2013-13n.pdf" target="_blank">lettre ouverte</a> annonçant leur retrait du Quartier Créatif. Le projet se retrouve associé à la concertation sur la rénovation urbaine du Grand Saint-Barthélémy qui est un échec patent. Le blog mis en place par le collectif d’association permet de prendre la mesure de l’exaspération des acteurs de terrain. Le site internet a pour nom <a title="Arnaque Nationale de Rénovation Urbaine" href="http://anru-marseille.net/" target="_blank">ANRU</a> (Arnaque Nationale et Résistance Urbaine) et il a vocation « <em>à dénoncer les méthodes malhonnêtes des bailleurs sociaux, des institutions françaises dans le cadre des projets de l&#8217;ANRU</em> ».<br />
Marseille Rénovation Urbaine se révèle être un partenaire encombrant. Il coproduit un projet participatif, alors même qu’il adopte des méthodes de concertation très critiquables. « <em>Quartiers Créatifs n’a jamais eu pour objet de faire de la concertation</em>, argumente Pascal Raoust, chef de projet au sein de Marseille-Provence 2013. <em>Par contre, notre approche consiste à mettre en place un dispositif de coproduction entre les opérateurs, les artistes et les habitants. Très pragmatiquement, les acteurs de la politique de la ville et de la rénovation urbaine voient comment fonctionnent ces démarches participatives. Ils peuvent constater leurs effets. Et nous espérons qu’ils seront ainsi amenés à modifier leur approche</em> ». C’est-à-dire abandonner une posture condescendante envers les habitants pour les considérer comme des interlocuteurs tout aussi « experts » qu’eux.</p>
<p><strong>Artistes endogènes ou colonialistes ?</strong><br />
Pour l’instant, le Quartier créatif du Grand Saint-Barthélémy se retrouve donc du mauvais côté de la barrière. La lettre ouverte du collectif d’associations parle « <em>de vitrine culturelle à des projets rejetés sur de nombreux aspects par les habitants et sources de conflits qui prennent une racine bien profonde dans l&#8217;histoire des dominations sociales et postcoloniales que nos quartiers connaissent</em> ». Comme le souligne Patrick Lacoste, même avec les meilleures intentions du monde, la volonté d’apporter la culture dans les quartiers relève d’une forme d’intrusion. Surtout dans un tel contexte de crise. « <em>Un artiste endogène à l’environnement dans lequel il intervient n’apparaîtra pas comme une figure coloniale</em> ». Bien sûr, il est nécessaire de confronter la population à des formes artistiques qui ne lui sont pas familières. Mais le déplacement doit être réciproque. Patrick Lacoste évoque alors « la<em> figure exogène de l’artiste militant qui découvre un territoire inconnu et se transforme à son contact par la production d’un événement</em> ». La posture la plus critiquable correspond aux interventions complètement déterritorialisées. Le fameux &laquo;&nbsp;parachutage&nbsp;&raquo; d’artistes.<br />
Il est évident que la créativité qui émane de l’intérieur des quartiers reçoit très peu de soutien de la part des politiques culturelles. L’idéologie de l’excellence défendue par le Ministère de la culture est même antinomique avec de telles démarches. Et beaucoup reprochent à Marseille-Provence 2013 de s’aligner sur la même vision, en accordant trop peu de confiance aux opérateurs « locaux », surtout quand ces derniers travaillent sur les champs dits « socioculturels ». Comment s’étonner que certaines associations mettent en cause le financement des Quartiers créatifs, dès lors qu’elles se sentent méprisées et de plus en plus asphyxiées économiquement ?<br />
De plus il est inévitable que les démarches artistiques rencontrent parfois l’incompréhension de la population. Une œuvre, même quand elle relève d’une <em>esthétique relationnelle</em><sup><a href="http://www.pensonslematin.org/2012/12/14/quartiers-creatifs-lart-a-lepreuve-de-la-realite-sociale/#footnote_3_572" id="identifier_3_572" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="BOURRIAUD Nicolas. L&amp;#8217;esth&eacute;tique relationnelle. Edition Les presses du r&eacute;el, 1998">4</a></sup> n’a pas vocation à être consensuelle. Car, comme l’explique Jean-Christophe Sevin, l’art perdrait alors toute portée politique (au sens ou Jacques Rancière a défini la Politique comme un espace de dissensus). En ce qui concerne par exemple les <em>Jardins possibles</em> sur le Grand Saint-Barthélémy, il est inévitable et même souhaitable de se heurter à la question : « <em>les jardins est-ce de l’art ?</em> ».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Lire également :</p>
<p><a title="Permalink to De quoi les Quartiers créatifs sont-ils le nom ?" href="http://www.pensonslematin.org/2012/12/14/de-quoi-les-quartiers-creatifs-sont-ils-le-nom/" rel="bookmark">De quoi les Quartiers créatifs sont-ils le nom ?</a></p>
<p><a href="http://www.pensonslematin.org/?p=590" target="_blank">La règle du jeu de l’art à la cité l’Abeille de La Ciotat : « Nous entrons par effraction » </a></p>
<p><a href="http://www.pensonslematin.org/?p=430" target="_blank">Quartiers Créatifs ou villes créatrices ?</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_572" class="footnote">Ces politiques transversales avaient vocation à intervenir prioritairement dans les quartiers en difficulté et elles comportaient en effet une dimension expérimentale qui depuis s’est fortement estompée</li><li id="footnote_1_572" class="footnote">Le Groupement d’Intérêt Public pour le Grand Projet de Ville, renommé Marseille Rénovation Urbaine en 2012, est un partenariat public créé en 2003. Il rassemble l’Etat, la Ville de Marseille, la Communauté Urbaine MPM, le Conseil Général, le Conseil Régional, la ville de Septèmes-les-Vallons, l’Association Régionale des Organismes HLM, et la Caisse des Dépôts et Consignations</li><li id="footnote_2_572" class="footnote">CSF et CLCV des quartiers Picon-Busserine</li><li id="footnote_3_572" class="footnote">BOURRIAUD Nicolas. L&#8217;esthétique relationnelle. Edition Les presses du réel, 1998</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>De quoi les Quartiers créatifs sont-ils le nom ?</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Dec 2012 13:07:42 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Les Quartiers créatifs n’ont pas, a priori, comme fonction d’ouvrir un espace critique à l’intérieur de la Capitale européenne de la culture. Mais comment une telle démarche, qui relève de la politique culturelle peut-elle s’épanouir dans une structure dont la mission consiste essentiellement à produire de l’événement ? Les collectivités territoriales (communes, intercommunalités, Conseil général 13 et Conseil régional Paca) qui majoritairement financent Marseille-Provence 2013 ont un objectif prioritaire : que la manifestation attirent plusieurs millions de personnes. Marianne L. Goldin, étudiante en master à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, souligne qu’une telle posture politique est représentative du mode de fonctionnement de nos sociétés libérales. Comme l’ont démontré Luc Boltanski et Ève Chiapello, dans leur essai Le Nouvel esprit du capitalisme1, les villes sont désormais gouvernées par « projet », c’est-à-dire sur le modèle entrepreneurial2. La démocratisation culturelle est ainsi devenue une politique essentiellement destinée à faciliter l’accès à l’offre culturelle. Et dans une temporalité courte, incompatible avec des approches qui visent à un meilleur partage du sensible. Car la démocratie artistique nécessite un profond enracinement dans le territoire. Elle exige aussi une circulation entre les démarches instituées et celles qui sont instituantes. Ainsi, pour Marianne L. Goldin, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les <a title="Quartiers créatifs" href="http://www.mp2013.fr/au-programme/actions-participation-citoyenne/quartiers-creatifs/" target="_blank">Quartiers créatifs</a> n’ont pas, a priori, comme fonction d’ouvrir un espace critique à l’intérieur de la Capitale européenne de la culture. Mais comment une telle démarche, qui relève de la politique culturelle peut-elle s’épanouir dans une structure dont la mission consiste essentiellement à produire de l’événement ?</strong><span id="more-579"></span></p>
<p>Les collectivités territoriales (communes, intercommunalités, Conseil général 13 et Conseil régional Paca) qui majoritairement financent Marseille-Provence 2013 ont un objectif prioritaire : que la manifestation attirent plusieurs millions de personnes. Marianne L. Goldin, étudiante en master à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, souligne qu’une telle posture politique est représentative du mode de fonctionnement de nos sociétés libérales. Comme l’ont démontré Luc Boltanski et Ève Chiapello, dans leur essai Le Nouvel esprit du capitalisme<sup><a href="http://www.pensonslematin.org/2012/12/14/de-quoi-les-quartiers-creatifs-sont-ils-le-nom/#footnote_0_579" id="identifier_0_579" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="BOLTANSKI Luc et CHIAPELLO Eve, Le Nouvel esprit du capitalisme, essais, Gallimard, 1999">1</a></sup>, les villes sont désormais gouvernées par « projet », c’est-à-dire sur le modèle entrepreneurial<sup><a href="http://www.pensonslematin.org/2012/12/14/de-quoi-les-quartiers-creatifs-sont-ils-le-nom/#footnote_1_579" id="identifier_1_579" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour &ecirc;tre plus pr&eacute;cis, ces auteurs ne parlent pas de la ville stricto sensu, mais font r&eacute;f&eacute;rence, plus fondamentalement, &agrave; un nouveau principe de fonctionnement dans le monde capitaliste, sorte de principe sup&eacute;rieur, qu&rsquo;ils d&eacute;crivent comme &laquo; la cit&eacute; par projet &raquo; Lire l&rsquo;entretien avec Luc Boltanski par C&eacute;cile Blondeau et Jean-Christophe Sevin sur Ethnographiques.org">2</a></sup>. La démocratisation culturelle est ainsi devenue une politique essentiellement destinée à faciliter l’accès à l’offre culturelle. Et dans une temporalité courte, incompatible avec des approches qui visent à un meilleur partage du sensible. Car la démocratie artistique nécessite un profond enracinement dans le territoire. Elle exige aussi une circulation entre les démarches instituées et celles qui sont instituantes. Ainsi, pour Marianne L. Goldin, la pérennité des Quartiers Créatifs « <em>dépend de leur capacité à prospérer et à coexister avec le tissu associatif local et avec toutes les structures qui ne sont pas inclues dans le programme officiel de la Capitale européenne de la culture</em> ». Ces Quartiers Créatifs sont bien évidemment en contradiction avec les modes de légitimation qui relèvent du « <em>marché de la réputation</em> ». De tels stratégies individualistes ne favorisent pas l’inscription dans un réseau, une chaîne de coopération indispensable à la production de l’œuvre. Car, contrairement aux idées reçues, un acte artistique n’est jamais la production d’un auteur isolé. Même le poète le plus replié sur lui-même a besoin d’un éditeur, d’un imprimeur, sans qui son œuvre ne rencontrera jamais le public. Le sociologue Howard Becker identifie ainsi une infinité de &laquo;&nbsp;mondes de l’art&nbsp;&raquo; : « <em>toutes les personnes dont les activités sont nécessaires à la production des œuvres de ce monde-là</em> »<sup><a href="http://www.pensonslematin.org/2012/12/14/de-quoi-les-quartiers-creatifs-sont-ils-le-nom/#footnote_2_579" id="identifier_2_579" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="BECKER Howard, Les Mondes de l&amp;#8217;art, Paris, Flammarion, 1988">3</a></sup>. Le spect-Acteur est bien évidemment, lui aussi, partie prenante de cette construction collective. « <em>En somme</em>, s’interroge Marianne L. Goldin, <em>comment les Quartiers créatifs vont-ils négocier avec un système culturel qui repose essentiellement sur la diffusion, la différentiation et l’exclusion ? »</em></p>
<p><strong>Quelle esthétique de la ville ?</strong></p>
<p>Il serait d’ailleurs intéressant de suivre l’évolution des positionnements esthétique et politique des artistes « dans » la ville. A partir de la seconde moitié du XXe siècle, des mouvements artistiques, puis le théâtre de rue et les « arts de la rue » ont investi l’environnement urbain dans la perspective de le transformer. Ces postures esthétiques se sont confrontées aux idéologies politiques dominantes et y ont parfois perdu leur âme. Nathalie Marteau dresse un parallèle entre l’évolution des arts de la rue vers des formes de plus en plus monumentales et l’avènement de l’idéologie qui allait aboutir au paradigme de « ville créative ». La directrice de la Scène nationale du Merlan identifie un changement profond dans la manière dont les artistes se saisissent désormais du fait urbain. « <em>Les artistes qui s’engagent sur ce terrain ont développé une connaissance très pointue et leur rôle a profondément changé. Ils travaillent très souvent en collectif, ce qui leur permet d’additionner des compétences. Leur ambition n’est pas tant de signer une œuvre que de se coltiner aux problématiques urbaines et sociales. Ils se positionnent avant tout comme des citoyens et ils prennent à bras le corps, avec leurs outils sensibles, la question de la participation. Or, les décideurs politiques ne savent pas comment répondre à cette aspiration légitime de la population</em> ». Ces actions artistiques redistribuent les compétences et induisent un partage plus démocratique des rôles.</p>
<p>Les Quartiers Créatifs avancent donc en terrain miné. Ils peuvent être vite perçus comme l’alibi d’une capitale européenne de la culture fondamentalement élitiste et gentrificatrice. L’intitulé Quartiers créatifs évoque d’ailleurs « la Ville créative », « <em>c’est-à-dire</em>, comme le remarque Jean-Christophe Sevin, <em>un champ sémantique associant le rôle de la culture et de la création à des questions de développement urbain et économique</em> ». Pour le sociologue, si la Capitale européenne de la culture s’inscrit bien dans cette stratégie de renouvellement du tissu urbain et économique, il n’en va pas de même des Quartiers créatifs. « <em>La ville créative qui se profile avec Marseille-Provence 2013 concerne surtout le centre-ville, avec ses gestes architecturaux, sa nouvelle visibilité, la construction d’infrastructures culturelles autour de la Joliette et du port, la jonction avec le tourisme, le réaménagement urbain… Alors que les Quartiers créatifs portent sur des territoires majoritairement périphériques. Ici, le but premier n’est pas d’attirer des créatifs, des cadres et des entreprises, mais d’accompagner la rénovation urbaine et si possible sur des principes de coconstruction avec les populations</em> ».<br />
Jean-Christophe Sevin évoque alors « <em>l’hypothèse d’une politique esthétique à l’œuvre dans cette opération Quartiers créatifs ; en apposition plus qu’en opposition à une esthétique de l’aménagement urbain et à l’urbanisme spectaculaire de la ville créative</em> ». Mais alors pourquoi avoir choisi Quartiers créatifs, un intitulé qui prête autant à confusion ? Pascal Raoust, l’un des chefs de projet de ce dispositif, affirme qu’il ne faut pas s’arrêter sur le nom de l’opération. Pour autant, le choix des mots est-il anodin ? En fait, ce terme a certainement été choisi pour faire consensus. Mais n’est-il pas problématique que pour convaincre les acteurs publics de la rénovation urbaine du bien fondé de ce projet, il ait été nécessaire d’employer une terminologie renvoyant à une vision « libérale » de la ville ? Alain Moreau n’hésite pas à juger cette appellation « <em>fasciste et perverse</em> » et il s’en explique : « <em>Un quartier créatif, ça n’existe pas et ça n’existera jamais. Quand je regarde ma bouteille d’eau minérale posée devant moi, sur la table, jamais il ne me viendrait à l’esprit d’affirmer que cette bouteille est créative. Alors un quartier ? Une ville ? Un objet ne peut rien créer, et un quartier ne peut rien créer non plus. Cette langue de l’absurde et du détournement de sens qui, peu à peu, a envahi nos sociétés à l’aire de la globalisation et du capitalisme planétaire, c’est la langue de la COMMUNICATION. A l’époque où la culture dominante était la culture « du livre et de la typographie », les glissements de sens, la création de signifiants renvoyant à des signifiés aberrants n’étaient que l’apanage des régimes devenus totalitaires, comme l’a montré magistralement Victor Klemperer, dans son livre </em>Lti, la langue du IIIe Reich<em><sup><a href="http://www.pensonslematin.org/2012/12/14/de-quoi-les-quartiers-creatifs-sont-ils-le-nom/#footnote_3_579" id="identifier_3_579" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="KLEMPERER Victor, LTI, la langue du 3e Reiche. Carnet d&amp;#8217;un philologue, Albin Michel, 1996">4</a></sup>. Aujourd’hui dans la nouvelle culture dominante « audio-visuelle, internet et numérique », la langue fasciste n’est plus cantonnée à ces régimes, elle a largement envahi les régimes démocratiques sous le vocable de COMMUNICATION. Objet d’un marché fructueux, elle a d’ailleurs ses agences et ses agents. Et pour revenir à « Quartiers créatifs », si l’on veut bien admettre que lorsqu’on crée une opération et qu’on la nomme, il s’agit d’un acte fondateur surdéterminant pour ce qui en découlera ensuite, dès lors, si la nomination est insensée, comment les évènements qui en découlent pourront-ils aisément avoir du sens ?</em> »</p>
<p>Lire également :</p>
<p><a href="http://www.pensonslematin.org/?p=572" target="_blank">« Quartiers créatifs » : l’art à l’épreuve de la réalité sociale </a></p>
<p><a href="http://www.pensonslematin.org/?p=590" target="_blank">La règle du jeu de l’art à la cité l’Abeille de La Ciotat : « Nous entrons par effraction » </a></p>
<div> <a href="http://www.pensonslematin.org/?p=430" target="_blank">Quartiers Créatifs ou villes créatrices ?</a></div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_579" class="footnote">BOLTANSKI Luc et CHIAPELLO Eve, Le Nouvel esprit du capitalisme, essais, Gallimard, 1999</li><li id="footnote_1_579" class="footnote">Pour être plus précis, ces auteurs ne parlent pas de la ville stricto sensu, mais font référence, plus fondamentalement, à un nouveau principe de fonctionnement dans le monde capitaliste, sorte de principe supérieur, qu’ils décrivent comme « la cité par projet » Lire l’entretien avec Luc Boltanski par Cécile Blondeau et Jean-Christophe Sevin sur <a title="entretien Boltanski" href="http://www.ethnographiques.org/2004/Blondeau,Sevin">Ethnographiques.org</a></li><li id="footnote_2_579" class="footnote">BECKER Howard, Les Mondes de l&#8217;art, Paris, Flammarion, 1988</li><li id="footnote_3_579" class="footnote">KLEMPERER Victor, LTI, la langue du 3e Reiche. Carnet d&#8217;un philologue, Albin Michel, 1996</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>La règle du jeu de l’art à la cité l’Abeille de La Ciotat : « Nous entrons par effraction »</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Dec 2012 12:23:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les habitants des quartiers ne sont pas a priori en demande d’une présence artistique. Les artistes qui décident de travailler dans un tel contexte doivent donc se rendre désirables. Plasticienne et photographe, Martine Derain développe un Quartier créatif à l’Abeille, une cité située à La Ciotat. Sa stratégie ? « Personne ne nous a demandé de venir. Alors autant débarquer en nombre et bousculer les gens ». De toute évidence, la cité L’Abeille est un territoire en souffrance. La fermeture des chantiers navals de La Ciotat a été un désastre économique et, si la ville a depuis entamé sa reconversion, de toute évidence, certaines populations sont restées à l’écart du redémarrage. « L’Abeille est ravagée par la destruction sociale et je me prends, tous les jours, cette violence de plein fouet », explique Martine Derain qui, depuis bientôt deux ans, porte, dans le cadre des Quartiers créatifs, un projet de création avec les habitants de la cité. « Mais c’est avec cette réalité que je dois travailler. Que faire de cette violence qui me traverse comme elle imbibe les gens ? » En tout cas, l’atomisation des individus rend, pour l’instant, impossible la construction d’un espace politique. « Il n’y a plus de saisie collective des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les habitants des quartiers ne sont pas a priori en demande d’une présence artistique. Les artistes qui décident de travailler dans un tel contexte doivent donc se rendre désirables. Plasticienne et photographe, Martine Derain développe un <a title="Quartiers créatifs" href="http://www.mp2013.fr/au-programme/actions-participation-citoyenne/quartiers-creatifs/" target="_blank">Quartier créatif</a> à l’Abeille, une cité située à La Ciotat. Sa stratégie ? « <em>Personne ne nous a demandé de venir. Alors autant débarquer en nombre et bousculer les gens</em> ».</strong><span id="more-590"></span></p>
<p>De toute évidence, la cité L’Abeille est un territoire en souffrance. La fermeture des chantiers navals de La Ciotat a été un désastre économique et, si la ville a depuis entamé sa reconversion, de toute évidence, certaines populations sont restées à l’écart du redémarrage. « <em>L’Abeille est ravagée par la destruction sociale et je me prends, tous les jours, cette violence de plein fouet</em> », explique Martine Derain qui, depuis bientôt deux ans, porte, dans le cadre des Quartiers créatifs, un projet de création avec les habitants de la cité. « <em>Mais c’est avec cette réalité que je dois travailler. Que faire de cette violence qui me traverse comme elle imbibe les gens ?</em> » En tout cas, l’atomisation des individus rend, pour l’instant, impossible la construction d’un espace politique. « <em>Il n’y a plus de saisie collective des problèmes sociaux</em>, analyse encore Martine Derain. <em>Les structures syndicales, qui existaient du temps des chantiers navals, n’ont pas pu transmettre le sens de leur combat </em>».</p>
<p><strong>Renverser les représentations</strong></p>
<p>Il s’agit bien de rompre le cercle vicieux d’une population qui répond à la stigmatisation par le repli ; le sentiment d’exclusion nourrissant l’envie de s’exclure.  Alors, pour casser l’inertie, Martine Derain se place résolument du côté du mouvement, du déplacement… Et même du débordement. Elle « <em>fait entrer l’étranger</em> », c’est-à-dire des artistes qui, tout comme elle, éprouvent un besoin existentiel de partager leurs impulsions créatrices. Dans un quartier complètement dépourvu d’équipement culturel, elle invite en résidence la compagnie de danse<a title="Ex Nihilo" href="http://www.exnihilodanse.com/" target="_blank"> Ex Nihilo</a>, la photographe Suzanne Hetzel, la peintre Raphaëlle Paupert-Borne et le collectif de cinéastes <a title="Filme flamme" href="http://www.polygone-etoile.com/__sacre/filmflamme.htm" target="_blank">Film flamme</a>. Même si le jeu de mot est facile, difficile de ne pas comparer l’Abeille à une ruche. Un territoire délaissé culturellement devient un centre d’attractivité pour des dizaines de créateurs. Le lieu du désœuvrement inspire un nombre considérable d’œuvres. Une cité, qui a la réputation d’être en mal d’image, en génère à la pelle…</p>
<p>Comment les habitants pourraient-ils rester insensibles à des sollicitations aussi nombreuses ? D’autant plus qu’on leur signifie que, sans leurs contributions, aucune œuvre ne pourra advenir. « <em>Mon travail consiste à produire des formes artistiques qui vont ouvrir des espaces de liberté</em>, poursuit Martine Derain. <em>Nous mettons des outils en commun et nous invitons les habitants à s’en saisir. Il nous faut être à un endroit où les gens ne nous attendent pas. Et c’est là que quelque chose peut se construire. En tout cas, nous n’allons pas leur dire comment se comporter, où se placer devant la caméra. La place des uns et des autres ne se pose pas a priori. C’est à chacun de trouver l’endroit qui lui semble le plus juste</em> ».</p>
<p><strong>Une participation universelle ?</strong></p>
<p>Pascal Raoust, chargé de projet Quartiers Créatifs au sein de Marseille-Provence 2013, insiste, lui aussi, sur cette nécessité de placer l’artiste au centre de la démarche. Mais, a priori, les habitants ne se sentent pas concernés par l’art et ils sont confrontés à l’échec de la rénovation urbaine. Les risques de malentendus sont donc énormes. L’artiste se sent-il instrumentalisé pour autant ? « <em>Nous sommes des artistes embarqués. Nous le savons depuis le début. Et on s’en fout,</em> affirme ainsi Jean-François Neplaz, l’un des fondateurs de Film flamme, et lui aussi impliqué à la Cité l’Abeille. On<em> nous renvoie toujours à un projet, alors qu’à l’endroit où nous intervenons, nous ne connaissons que le chaos. Ce n’est pas un projet qui vient d’en haut, il n’y a jamais eu d’art que du dessous. C’est un processus de subversion. Etre dans ces quartiers est vital pour nous. Parce que nous sommes transformés à cet endroit-là</em> ».</p>
<p>Quels seront les effets de ces démarches ? Et comment les apprécier ? La dimension évènementielle semble peu convenir à ce type d’initiative. Et pourtant, il n’y pas d’art sans une production qui va à la rencontre des regards, dans l’espoir de transformer ces derniers. Quels seraient les modes de convocation adéquats ? Comment concerner un public qui n’a pas participé à la production de l’aventure artistique ? En tout cas, comme l’explique Nathalie Cabrera (chargée de mission actions de participation citoyenne au sein de Marseille-Provence 2013 ), les fruits de ces projets n’ont pas vocation à être cantonnés aux quartiers. Ils doivent s’adresser à tous. Jusqu’à preuve du contraire, la puissance de l’art réside dans sa capacité à être universel. Mais, dans le même temps, la création nous confronte à notre irréductible singularité. Un art participatif ne peut pas renoncer à cette tension critique. Il ne vise pas à l’unité (qui forcément exclut tous ceux qui refusent de faire « Un »), mais joue avec toutes les divisions, en les considérant toutes égales. Le sociologue Jean-Christophe Sevin évoque les limites «  <em>d’une politique esthétique</em> » qui « <em>promeut une éthique de l’intersubjectivité, visant à mieux habiter le monde</em> ». De manière très pragmatique, il apparaît bien illusoire, en effet, de prétendre construire une esthétique du lien social dans une société aussi politiquement inégale.</p>
<p>Lire également :</p>
<p><a title="Permalink to De quoi les Quartiers créatifs sont-ils le nom ?" href="http://www.pensonslematin.org/2012/12/14/de-quoi-les-quartiers-creatifs-sont-ils-le-nom/" rel="bookmark">De quoi les Quartiers créatifs sont-ils le nom ?</a></p>
<p><a href="http://www.pensonslematin.org/?p=430" target="_blank">Quartiers Créatifs ou villes créatrices ?</a></p>
<p><a href="http://www.pensonslematin.org/?p=572" target="_blank">« Quartiers créatifs » : l’art à l’épreuve de la réalité sociale </a></p>
<p><!--more--></p>
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